L’apprentissage multimédia fait référence à la construction de savoirs à partir d’images et de mots.  Mais pourquoi apprendre avec des documents multimédias? La pyramide de l’apprentissage d’Edgar Dale met bien en valeur les forces de cette combinaison. Après deux semaines, nous retenons 50 pourcent des informations que nous avons vues et écoutées. C’est l’activité passive la plus efficace sur le plan des apprentissages. En contrepartie, seulement 10 pourcent des informations lues sont retenues.

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Les présentations multimédias sont sans aucun doute un ajout gagnant à votre enseignement! Il est tout de même nécessaire qu’elles soient conçues de façon à permettre un apprentissage! Une bonne capsule de formation aidera vos étudiants à  sélectionner, organiser et intégrer ce qu’ils voient et entendent. Comment y arriver? Bien sûr, les capsules de formation « De la classe à la capsule » vous aideront à faire de meilleurs choix. Toutefois, je vous recommande fortement de vous pencher sur le fonctionnement du cerveau. En saisissant ses particularités, vous serez en mesure de comprendre davantage quand et comment  appliquer ces bonnes pratiques!  Je vous présente brièvement les trois théories incontournables sur le sujet!

Les trois types de mémoire

Les recherches d’Atkinson & Shiffrin (1960) ont montré qu’il n’existe pas qu’une seule forme de mémoire, mais bien trois : la mémoire sensorielle, la mémoire à court terme, aussi appelée mémoire de travail, et la mémoire à long terme. Le cerveau peut emmagasiner un nombre d’informations dans chacune d’entre elles, et ce, pendant un certain temps.

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Théorie de la charge cognitive

Pour permettre l’apprentissage, il est nécessaire de ne pas surcharger la mémoire de travail (mémoire à court terme). Paul Chandler et John Sweller ont orienté leurs recherches sur les éléments qui ajoutent une charge dans la mémoire de l’apprenant.

Il y a d’abord la charge intrinsèque, c’est-à-dire la complexité et l’étendue du contenu que vous souhaitez transmettre à vos étudiants. Pour éviter une surcharge, il est important de ne communiquer que les informations essentielles à l’apprentissage. De plus, puisqu’il n’est pas possible de réduire la quantité d’informations à communiquer à moins que vous décidiez de changer les objectifs de vos cours, contrôlez le débit de transmission de l’information. Il y a ensuite la charge extrinsèque, c’est-à-dire la façon de présenter le contenu. Plus le contenant est simple à comprendre, plus vos étudiants pourront consacrer leur énergie à comprendre le contenu. La simplicité est donc de mise à ce niveau. Finalement, il y a la charge essentielle, c’est-à-dire l’effort nécessaire pour intégrer les informations dans la mémoire à long terme. Contrairement aux deux charges cognitives précédentes, il est important  de maximiser cette charge, autrement l’apprentissage ne se fera pas. Le degré de motivation de vos étudiants a un grand impact sur l’effort qui sera investi à ce niveau.

Il est impossible de définir précisément le moment où le cerveau de vos étudiants devient surchargé.  Chaque étudiant a une limite qui lui est propre. Cette limite est définie en partie par leurs connaissances antérieures sur le sujet et par leur degré de motivation. Toutefois, gardez en tête que vous devez contrôler la charge intrinsèque, réduire la charge extrinsèque et maximiser la charge essentielle pour aider vos étudiants à apprendre.

Théorie cognitive de l’apprentissage multimédia

Cette théorie repose sur deux grands principes.

  • Le cerveau traite l’information dans deux canaux distincts, l’un visuel, l’autre verbal (Pavio, 1986).
  • Chaque canal a une capacité limitée qui lui est propre .

Richard Mayer a axé la plupart de ses recherches sur le processus d’apprentissage lorsque l’apprenant est mis en contact avec des informations visuelles et verbales. Ce processus se divise en trois grandes étapes.

  • Sélection : Les yeux voient et les oreilles entendent la présentation multimédia. Les informations sont emmagasinées temporairement dans la mémoire sensorielle. Les éléments visuels (vidéos, photos, animations, illustrations, icônes, schémas, textes…) se dirigent vers la mémoire sensorielle iconique (visuelle), et les mots dits se retrouvent dans la mémoire sensorielle échoïque (auditive).   La mémoire de travail sélectionne ensuite une partie de ce qui est vu et de ce qui est dit.
  • Organisation : Les informations sélectionnées sont divisées encore une fois dans deux canaux. Il se peut que les informations passent d’un canal à un autre. Les informations visuelles peuvent se convertir en sons (par exemple, l’image d’un poisson se transforme en le mot « poisson ») et les informations auditives peuvent se convertir en images (par exemple, le mot « poisson » se transforme en l’image mentale d’un poisson). La mémoire de travail organise ensuite les images et les mots dans deux modèles mentaux : l’un visuel, l’autre verbal. Le cerveau tente de faire des liens entre les différentes informations.
  • Intégration : Les représentations verbales et visuelles sont intégrées en un seul modèle en tenant compte de ce qui se trouve déjà dans la mémoire à long terme, c’est-à-dire les connaissances antérieures.

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